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    <title>Conflit linguistique</title>
    <link>https://ouest-edel.univ-nantes.fr/passerelleshs/index.php?id=341</link>
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    <language>fr</language>
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      <title>Le pouvoir symbolique de l’anglais et le premier conflit linguistique au Cameroun</title>
      <link>https://ouest-edel.univ-nantes.fr/passerelleshs/index.php?id=340</link>
      <description>Cette étude se propose de montrer que les conflits linguistiques ne surviennent pas toujours dans des contextes diglossiques. Il peut arriver que les protagonistes ne vivent pas sur le même territoire ou que les langues au cœur des dissensions ne soient pas les leurs. Le premier conflit linguistique au Cameroun est en effet lié à la perception valorisée d’une langue étrangère (l’anglais) par une communauté sociolinguistique. Il a opposé les missionnaires bâlois et les populations de la ville de Victoria au début de la colonisation allemande et a mis en jeu les rapports entre la langue, le prestige social, les identités et les représentations sociolinguistiques. Les Bâlois voulaient introduire le duala à Victoria où l’anglais avait acquis la fonction prestigieuse de langue de l’administration, et les baptistes anglais obligés de céder la place aux Allemands l’utilisaient lors de leurs offices religieux. Les populations de la ville vont s’opposer à cette décision dans la mesure où la connaissance de l’anglais permettait de trouver un emploi rémunéré. D’autres communautés sociolinguistiques seront, directement ou indirectement, impliquées dans le conflit : les Anglais et les Bakweri. Les Anglais pour les possibilités offertes par la connaissance de leur langue, les Bakweri parce qu’ils étaient stigmatisés par les Victoriens, et parce que le duala était proche de leur langue. Victoria nous apprend finalement qu’un conflit linguistique peut avoir pour cause la tentative d’imposition d’une langue sur laquelle pèse le poids des stéréotypes dévalorisants qui stigmatisent un groupe. La communauté sociolinguistique à l’origine de la stigmatisation survalorise une identité qu’elle adosse sur sa cohabitation avec des étrangers perçus comme bienveillants. Elle croit partager avec ceux-ci un destin commun et un mode de vie qui font d’eux une communauté évoluée, contrairement aux bushmen de l’arrière-pays, les Bakweri. The main purpose of this study is to show that language conflicts do not always arise in diglossic contexts. The protagonists may not live in the same territory, or the languages at the heart of the conflict may not be their own. The first linguistic conflict in Cameroon was linked to the perception of a foreign language (English) by a sociolinguistic community. It pitted Basel missionaries against the people of Victoria at the start of German colonisation and brought into play the relationship between language, social prestige, identities, and sociolinguistic representations. The Baslers wanted to introduce Duala to Victoria, where English had acquired the prestigious position of administrative language, and the English Baptists, forced to give way to the Germans, used it in their religious services. The inhabitants of the town were opposed to this decision, as a knowledge of English meant that they could find paid employment. Other sociolinguistic communities were directly or indirectly involved in the conflict: the English and the Bakweri. The English because of the opportunities offered by knowledge of their language, the Bakweri because they were stigmatised by the Victorians, and because Duala was close to their language. Finally, Victoria teaches us that a linguistic conflict can be caused by an attempt to impose a language that carries the weight of devaluing stereotypes that stigmatise a group. The sociolinguistic community at the origin of the stigmatisation overvalues an identity that it bases on its cohabitation with foreigners perceived as benevolent. They believe that they share a common destiny and a way of life that makes them an advanced community, unlike the Bushmen of the hinterland, the Bakweri. </description>
      <pubDate>Tue, 17 Dec 2024 16:31:32 +0100</pubDate>
      <lastBuildDate>Tue, 17 Dec 2024 16:31:39 +0100</lastBuildDate>
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